Vallée de la Spiti

Jean-luc GODEFROY

Vallée de la Spiti
Texte et photos de Jacqueline

Passé un inévitable trajet de nuit depuis Delhi, nous arrivons à Manali qui sera le départ de ce grand dépaysement avec la découverte des vallées du Spiti et de la Pin.



Vallée de la Spiti
A manali, brume et nuages; normal, nous sommes en période de mousson.

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Une petite randonnée à travers des pentes fleuries sera notre exercice d'acclimatation.

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Nuit de sommeil réparateur pour avaler des km de lacets, Rothang (3980 m), notre premier col d'altitude et son stupa où flottent mille drapeaux de prières nous accueillent assez fraîchement.

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Déjà le paysage est différent, les arbres ont disparu mais l'herbe verte regorge de végétation souvent inconnue, en pleine floraison. Ma boîte à images sera le témoin des découvertes de cette expédition que je pressens déjà riche en émotions. Les Himalayas sont bien là, ils nous encerclent, et nous laissons rapidement la mousson derrière nous. Le soleil brille.

Au milieu de nulle part, un camp prend forme: "Dadarpul" (le "pont de Dadar").

Vallée de la Spiti
La Spiti est proche, laiteuse, épaisse, tumultueuse. Les sédiments qu'elle charrie la font ainsi. Elle va être notre fil conducteur dans cette vallée du Haut Himalaya ouverte sur le monde il y a seulement une quinzaine d'années.

Cet Himalaya est envoûtant; résultat d'un énorme carambolage entre les deux géants que sont l'Inde et l'Asie il y a 40 millions d'années ... (les plaques se bousculent encore) il porte aussi le nom de "Deeva Bhoomi": Terre des Dieux.

Le deuxième col est déjà là avec son stupa, ses drapeaux de prières, le vent, le froid, nous sommes à Kunzum pass (4551 m).



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C'est le gigantisme perpétuel. La roche abrupte peut se faire couleur bronze, puis or, puis argent sans oublier le vert d'une végétation toujours existante. Enfin, le blanc des neiges éternelles termine la palette de couleurs pour faire le lien entre le ciel et la terre.


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Parmi ces paysages à l'allure souvent inhospitalière fleurissent des milliers de plantes, plutôt rases que j'ai l'immense plaisir de découvrir. Ces plantes sont la pharmacopée des populations qui vivent ici, grâce aux savoirs des Amchis.


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Les populations:
Des visages emmitouflés, souriants, curieux de notre arrivée et ayant envie qu'il se passe quelque chose entre nous.

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Ces visages ne sont pas ceux de l'Inde, mais ceux du Tibet. La frontière est très proche, d'ailleurs nous avons dû signaler notre présence au poste de contrôle de Losar.

Les femmes sont dans les champs mais continuent de s'occuper du BB qu'elles transportent contre elles, en continuité de leur corps. Les grandes soeurs ou frères font de même, tant que l'enfant ne marche pas.

Vallée de la Spiti
L'isolement qu'ils ont à affronter participe sans aucun doute à l 'importance que revêt la religion. Ici, le Bouddhisme semble être l'identité sociale des gens de la vallée. Les nombreux temples en témoignent. Perchés, isolés, millénaires, agrandis, rénovés, tous sont entretenus et fréquentés avec grande ferveur. Ce que nous appelons philosophie est en fait une vraie religion où sont vénérées nombre de Déités souvent accueillantes, parfois inquiétantes. Jean-Luc était là pour nous faire comprendre les symboliques, aidé des Moines prompts à dévoiler les trésors qui se cachent dans leurs monastères. Chaque monastère a son identité propre, et chaque visite nous apporte des connaissances nouvelles.


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Pin valley :

Nous changeons de direction pour quitter la Spiti Valley et suivre une nouvelle rivière: la Pin, soeur jumelle et affluent de la SPITI, tout aussi laiteuse et tumultueuse.

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Cette vallée me paraît plus verte. Le sol permet de magnifiques cultures de petits pois, orge, blé, pommes de terre. Les fleurs y abondent, on y trouve géraniums et oeillets. Je regrette un trop court passage à Mud.

Vallée de la Spiti
Dans mes yeux sont encore le lever du soleil sur les montagnes, les parcelles cultivées séparées par les haies de fleurs bleues, le sourire d'une enfant, 

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un névé tout près, 






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les troupeaux qui regagnent leur "maison", 

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une route qui ne va pas plus loin, presque un bout du monde.

De retour dans la Spiti Valley, une halte à Kaza nous permet de voir les parures de cérémonie des fidèles lors de la visite d'un Rinpotché important où une grande fête est donnée en son honneur. La ferveur autour de lui est immense.

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Avant de retrouver Manali et la mousson, nous allons rendre visite au lac sacré de Chandrataal - Par une route "impossible", le chauffeur nous conduit jusqu'à notre dernier camp. Au milieu des pâturages on trouve des edelweiss par centaines ... Un vrai bonheur des yeux. Après avoir croisé un troupeau de chevaux, de moutons, un berger ... entendu marmottes, et transpiré quelque peu, j'arrive enfin (en bonne dernière de chaque randonnée) devant le lac sacré dont l'eau couleur turquoise paraît sortie d'un autre monde. Baignade interdite, mais aucun risque l'eau est glacée ...

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Sur le chemin du retour, parmi les edelweiss, 

Vallée de la Spiti
Je me dis que Dame nature aura été généreuse avec moi tou au long de cette expédition et je garde le plus beau cadeau pour la fin; c'est à Damul la rencontre avec Dactylorhiza Hatagirea dont je rêvais depuis mon départ de la Réunion. Elle est magnifique, d'une belle couleur violette, et je remercie Jean-Luc, Dharma, et l'Amchi de Damul de m'avoir conduite sur le site où elle pousse. Elle est protégée car elle participe à la pharmacopée de la vallée. J'espère la rencontrer à nouveau.

Je dirai que ce voyage était parfaitement organisé, l'intendance n'a jamais fait défaut, le chauffeur excellentissime, les guides de Haute Montagne très professionnels, le cuisinier et son aide ont toujours su nous faire plaisir avec une grande qualité.

Enfin, ce voyage hors du commun a été enrichi au fil des km par l'expérience et la profonde connaissance que Jean-Luc a de cette vallée, de ses habitants, de ses monastères, du Bouddhisme et de l'hindi qui permet de passer à travers tous les clichés touristiques. Bravo et merci, ce fut pour moi un voyage 5 étoiles dont la qualification de "voyage culturel" est largement méritée.

Jacqueline Léchevin - dont le but du voyage était aussi de découvrir la végétation, les plantes du haut Himalaya et notamment Dactylorhiza.